En sanskrit, « vasish » signifie « grand sage » ou « meilleur sage ».
Dans la mythologie hindoue, Vasistha était un sage réputé de l’Inde védique, l’un des sept Rishis ou Saptarishis. Ces grands poètes étaient considérés comme d’éminents Yogis. La légende veut que les Saptarishis aient été les auteurs de plusieurs textes védiques dont le célèbre Rig-veda (ou Rigveda). Le Rigveda est une collection de 1028 hymnes sacrées écrites en langue sanskrite. C’est l’un des plus anciens textes de langue indo-européenne : sa rédaction remonterait entre 1500 et 900 av. J.-C.
Le Rig-veda est organisé en 10 livres intitulés « Mandalas ». Vasistha aurait été l’auteur du 7e de ces livres, qui contient 104 hymnes.

Vasistha était en rivalité avec le roi Vishvamitra, un Ksatriya : homme de la caste des guerriers. Alors que ce dernier était à la chasse, il s’arrêta à l’ermitage du sage Vasistha. Il aperçut Kamadhenu, la vache de Vasistha, Vache de l’abondance. Vishvamitra demanda alors à Vasistha de la lui donner en échange de nombreux trésors. Vasistha refusa catégoriquement mais le roi essaya de la lui prendre de force. Un long combat s’ensuivit et Vishvamitra fut vaincu. Bien que fortement vexé, il fut grandement impressionné par l’immense pouvoir du sage yogi. Il décida d’abdiquer son royaume et se soumit à une rigoureuse ascèse. A force de piété, il s’éleva au statut de Brahmane et devint à son tour un grand Rishi.
Dédié au poète Vasistha, Vasishtasana est parfois appelée posture du Plan incliné ou posture de la Planche sur le côté.
Les Bienfaits
Vasisthasana connaît de nombreuses variantes. L’une de mes préférées consiste à attraper le pied avec la main afin de l’étirer verticalement. Dans cet équilibre délicat, de nombreuses zones du corps sont fortifiées : poignets, bras, épaules et région de l’abdomen. Vasisthasana est en effet parfaitement indiquée pour faire disparaître les poignées d’amour !
Cette posture permet par ailleurs de développer la force mentale : l’intérêt de Vasisthasana est d’aligner parfaitement toutes les parties du corps, la difficulté étant que le corps tout entier est maintenu en équilibre sur un bras. Il faut donc appréhender la manière dont le poids est réparti. Il y a finalement deux difficultés à prendre en compte : celle de l’équilibre sur le bras et celle de l’alignement du corps à la verticale.
Les étapes
Attention : réaliser Vasisthasana demande beaucoup de force physique.
1. Départ en position de la Planche.
2. Une fois stabilisé.e dans la Planche, pivotez votre corps sur le côté droit afin que le poids du corps se déplace sur la main droite.
Le corps doit être sur une ligne droite : les hanches descendent et l’épaule droite s’avance au-dessus du poignet. Le bras droit doit rester tendu, la paume de la main droite bien ancrée dans le sol. La jambe gauche « repose » sur la jambe droite, mais ne la tassez pas pour autant. Tout votre corps doit être actif. Contractez les cuisses, étirez bien la jambe gauche et gardez votre pied gauche « flex » sur votre pied droit.
Concernant le pied droit : certain.e.s posent la plante du pied au sol tandis que d’autres restent en appui sur le bord externe du pied. Pour ma part, je choisis systématiquement cette seconde option mais rien ne vous empêche de faire autrement)
3. Une fois que vous avez trouvé votre équilibre, vous pouvez bouger votre bras gauche : sur une inspiration, levez la main gauche vers le plafond et restez ainsi pendant plusieurs respirations. Vous pouvez aussi amener le bras gauche au-dessus de votre oreille gauche. A vous de voir ce qui vous paraît réalisable et sans danger. En ce qui me concerne, j’aime bien mettre le bras au-dessus de l’oreille afin d’obtenir un étirement latéral de toute la partie gauche du corps. Je trouve qu’il est agréable de sentir le flanc et les côtes s’ouvrir pendant l’inspiration et s’abaisser sur l’expiration. Je me sens davantage connectée à mon souffle dans cette position.
4. Si votre équilibre est stable et que vous ne souffrez pas, vous pouvez approfondir la posture en déplaçant votre jambe gauche.
Quand vous le sentez, sur une inspiration, essayez de plier votre jambe gauche. Si cela est possible, ramenez votre pied gauche pointé sur votre genou droit. Essayez de maintenir une bonne ouverture de hanches : le genou gauche essaie de « s’élever » vers le ciel et la hanche gauche est bien ouverte. Tout votre corps doit rester droit et tendu. Utilisez vos muscles abdominaux pour le maintenir ; votre tronc doit être tonique.
5. Si vous êtes parfaitement en équilibre, attrapez le gros orteil de votre pied gauche entre votre pouce, votre index et votre majeur gauches.
Sur une inspiration, étirez le bras et la jambe gauches verticalement. Maintenez-vous en équilibre dans cette posture en gardant les bras et les jambes complètement tendus. Si vous manquez de souplesse au niveau de la jambe gauche, pliez-la légèrement.
Idéalement, si vous n’avez pas de problème à la nuque ou aux cervicales, la tête est tournée vers le ciel, le regard en direction du pied levé.
Restez le temps de quelques respirations profondes et lentes. N’hésitez pas à sortir de la posture dès la moindre sensation de douleur ou d’inconfort. Pour ce faire, reprenez dans l’ordre inverse toutes les étapes de la posture : sur une expiration, baissez la jambe, relâchez le gros orteil, et replacez votre jambe gauche sur votre jambe droite. Inspirez et sur l’expiration, abaissez votre bras gauche le long du côté gauche de votre corps. Enfin, basculez vers la gauche afin de revenir en position de la Planche, les deux mains posées sur le tapis, le corps levé au-dessus du sol, les épaules bien alignées au-dessus des poignets. Sur une expiration, posez les genoux à terre, et placez-vous en position de l’Enfant. Accueillez les sensations de détente et de repos.
Une fois que vous avez récupéré, vous pouvez effectuer la posture de l’autre côté.
Je vous souhaite une belle et douce pratique !
Namaste.







Bel article
Merci de tout coeur